Colloque
international
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À l'interstice du public et du privé: le cérémonial du mariageChris Roulston, Western OntarioLa cérémonie du mariage forme un des rituels les plus anciens et les plus institutionnels de notre culture occidentale; dans son affirmation du spectacle de l'intime-ce qui tient déjà de l'oxymore-la cérémonie du mariage s'insère dans un ordre sémiotique hautement symbolique et codé. En créant un ordre réglementaire autour du désir et de la sexualité sous l'oeil bienveillant soit de l'état soit de la religion, cette cérémonie créé aussi deux modèles de l'intime-voire le légitime et le non-légitime-ce qui assure l'ascendance du modèle du couple dans l'hiérarchie du comportement sexuel. Selon ces codes, la qualité spéculaire et spectaculaire de la cérémonie du mariage a une double fonction : de confirmer l'ordre social à travers la visibilité de l'intime, et de témoigner d'une promesse faite en public qui assure le déploiement de cet ordre. Donc, l'énoncé performatif du rituel du mariage s'adresse également à un spectateur public et privé. En même
temps, ce spectacle de l'intime fonctionne aussi comme masque, et cache-littéralemment
à travers l'usage traditionnel du voile-autant qu'il ne révèle
par sa structure cérémoniale. En se portant sur le dix-huitième
siècle en particulier, le but de cette présentation sera
de montrer les façons dont les scènes de mariage-dans
le contexte d'une affirmation bourgeoise-exploitent néanmoins
cette ambiguité du voilement et du dévoilement de l'intime.
La prolifération de scènes de mariage qui marque la deuxième
moitié du siècle signale d'une part l'établissement
quasi-officiel d'un nouvel ordre sentimental, et d'autre part une certaine
anxiété autour du succès de cet ordre. En se penchant
sur l'oeuvre de Greuze L'Accordée du village, et de Rousseau,
La nouvelle Héloïse, nous explorerons le paradoxe inhérent
dans le déploiement de la cérémonie du mariage
bourgeois. [Programme] |
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