Colloque
international
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Maures, mutilés, et bigarrés à la fête de Caritach de Béziers (1615-1656): la province figurée devant l'absolutismeDorothy Noyes, Columbus UniversityLa fête locale traditionnelle,
c'est l'intimité publique. Dans les explosions du carnaval, les
façades sont pénétrées et tout se fait visible,
les uns exposant les autres. Cependant la fête n'est jamais que
carnavalesque, comme elle n'est jamais tout à fait protocolaire:
il faut tirer parti à la fois de la dépense et de la license,
le peuple jouissant et parlant à plaisir, les notables montrant
avec ostentation son luxe momentaire et sa capacité représentative
aux yeux de l'État. Il y a donc toujours des représentations
multiples et contradictoires dans la fête. Dans le cas du Languedoc
à peine tranquillisé des Guerres de Religion, la diglossie
devient une ressource cérémoniale afin d'éviter
la confrontation. Dans les célèbres Fêtes de Caritach
de Béziers avec ses machines géantes et ses pièces
de théâtre, les arguments intimes se présentent
en métaphore et en patois pendant que les officiels militaires
et royaux reçoivent le protocole dû et explicite dans la
langue d'État. Néanmoins, l'intimité locale ne
demeure point entre les interlocuteurs locaux; elle se déroule
devant les Français aussi. Ses figures plus intensement corporelles
deviennent des emblèmes de la province en face de l'absolutisme.
C'est en effet le moment historique dans lequel s'établit la
formule des représentations localistes françaises et surtout
le caràctere inéluctablement folklorique-intimiste, sentant
la terre et la chair, sans possibilité de dominer les techniques
protocolaires--de la voix révendicative, qui n'a pas tellement
changé depuis le guerrier carnavalesque Pepesuc jusqu'au José
Bové de nos jours. [Programme] |
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