Colloque international
La cérémonie :
entre le protocolaire et l'intime

6 - 8 octobre, 2005

 

L'écriture de l'entrée ou les collages du jésuite Bontoux en 1701

Claire Latraverse, Concordia University


Les cérémonies entourant une entrée royale ou solennelle répondent à des exigences qu'imposent des règles protocolaires strictes. Ce cérémonial relève d'une tradition séculaire qui en a établi les conventions. En 1701, les ducs de Bourgogne et de Berry reviennent d'Espagne où ils ont accompagné leur frère Philippe de Bourbon, duc d'Anjou, devenu Philippe V, roi d'Espagne. Sur le chemin du retour, des villes reçoivent les princes avec toute la pompe qui leur est due. C'est le cas, entre autres, d'Avignon en mars, de Grenoble et de Lyon en avril, entrées pour lesquelles nous avons les relations. Nous étudierons l'entrée d'Avignon écrite par le jésuite Jacques-Joseph Bontoux en 1701 et intitulée L'Auguste piété de la royale maison de Bourbon.

Dans l'Avertissement de cette relation, préambule de quelques pages au texte dense, le jésuite établit et justifie les sources dont il se sert pour écrire sa relation. De toutes les questions que pose l'écriture d'un texte, du quand, pourquoi, c'est essentiellement le comment de l'écriture de l'événement qui retiendra notre attention. En effet, un jeu subtil s'établit entre le "je" de l'énonciateur, ici le jésuite, le "nous", du monde jésuite, et les occurrences fort nombreuses du "on". Dans le système de l'énonciation du relationniste ainsi complexifié par le "on", à qui ou à quoi réfère ce pronom? à l'autre? à la ville? à la rumeur? à la sphère publique? Voilà autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre dans notre communication.

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